Image Slider

Thứ Năm, 7 tháng 11, 2013

Journal de grossesse, de Novembre 2012 à Novembre 2013.



Novembre, c’est le mois où tu t’es installée dans mon ventre. Voilà 3, 4 mois que nous t’attendions. Tu as choisi de débarquer le mois où ton papa partait 2 semaines au Mexique pour son travail. Nous étions donc certain, tous les deux, que ça ne serait pas pour ce mois-ci. C’est même le seul mois où je n’ai pas trop pensé à toi. La vie s’est imposée et tu as créé ton nid ! 

Novembre 2012 : Nous adoptons Mao, le chat. Il a trois mois, il est doux et gentil. Il me tient compagnie car papa n’est pas souvent là. Il bosse pour deux, pour trois maintenant… On fait un câlin, 2 heures avant son départ pour le Mexique. C’était beau, c’était doux et on a une crise de fou rire à la fin ! Il s’en va pour 16 jours. Je mange des pots de glace Ben & Jerry’s. Je laisse surtout fondre la glace et ne mange que les morceaux de cookies. Je regarde en boucle Kaamelott. J’ai du mal à m’arrêter de fumer. Je fume même plutôt beaucoup. Je sors avec des copines et je danse jusqu’au matin. J’ai mal aux seins. Toi, tu t’installes tranquillement. 

Décembre 2012 : Tiens, ça fait une semaine que j’aurais dû avoir mes règles. Ces derniers mois, j’avais des milliers de symptômes, je faisais même des tests de grossesse à 5 DPO (Days Post Ovulation, c’est-à-dire 5 jours après avoir ovulé, c’est-à-dire le truc inutile). Ce mois-ci : rien, que dalle, nada. Bon si, j’ai un peu mal aux seins mais pas de quoi se « taper le cul par terre ». Un samedi matin de décembre (le 8), je me décide. Je me lève, ne fait pas pipi, m’habille et fonce à la pharmacie la plus proche : fermée. J’inspire, j’expire, je serre les cuisses. La 2ème pharmacie sur mon chemin : fermée. OK, j’ai un peu envie de pleurer mais j’avance. La 3ème pharmacie : fermée. Je pourrais facilement tuer quelqu’un, là tout de suite. Enfin, je rentre dans la 4ème pharmacie.
« Un test de grossesse s’il-te-plait (oui, on se tutoie en Espagne) !
-Tu sais comment ça marche ?
-Je peux le faire devant toi pour te prouver que je sais. Donne-moi ce test. »
Impossible d’attendre. Je rentre dans le premier café et fonce aux toilettes. Hop pipi sur le plastique. Je me lave les mains et regarde le test : j’ai pissé à l’envers. Non, j’ai pas pissé la tête en bas, juste du mauvais côté. Il n’y a rien qui apparait dans la fenêtre de contrôle, ça n’a pas marché. Je me souviens m’être regardée dans le miroir, avoir hésité entre rire et pleurer et m’être convaincue que si j’étais réellement enceinte, ça serait une chouette anecdote à raconter. Je retourner à la pharmacie :
« Heu… Re-bonjour. Je voudrais un test de grossesse. Faites qu’elle ne me reconnaisse pas/ Faites qu’elle ne me reconnaisse pas/ Faites qu’elle ne me reconnaisse pas
-Bien sûr. Tu veux que je t’explique cette fois ?
-Mmmh. Ok. »
Je rentre à la maison. Papa me demande pour le test. Sans commentaire. C’est négatif ? Non, mais je ne sais pas non plus si c’est positif. Tu ne l’as pas fait ? Sans commentaire. Je décide de faire une sieste. Quand je me réveille, j’ai envie de faire pipi. Presque instantanément, deux lignes bien visibles apparaissent. Je me suis levée d’un coup, j’ai remonté mon pantalon (et je crois même que je n’ai pas pris le temps de m’essuyer.)
J’avais pensé à mille façons, plus originales et romantiques les unes que les autres de l’annoncer à ton papa. Mais en fait, j’ai juste couru vers lui, le test à la main et je lui ai secoué devant les yeux. Tu es là, au chaud, toute petite. Je l’annonce de suite à papi. On ne dit rien aux autres pour le moment. Je jette mon paquet de clope. Le lendemain, je refais un test (celui qui n'avait pas marché), et c'est aussi positif. Évidemment. Un soir, on nous coupe l’électricité, par erreur. 200€ de courses bonnes à jeter. J’allume des bougies, Mao se brule les moustaches. Je suis assise au milieu du salon, en larmes, le chat contre moi et au téléphone avec Mamie.
« Mais pleure pas ! Ce n’est pas grave, ça repousse les moustaches.
- Oui je saiiiiiiiis.
- Alors calme-toi !
- Je suis enceiiiiinte maman ! 
- Mais c’est formidable !
- Je saiiiiiis pas ! »
1er RDV chez le gynéco : on entend ton cœur battre un 20 décembre et c’est fou. J’ai deux cœurs à l’intérieur de moi. Tu es si petite et, pardon hein !, mais tu ne ressembles à rien de très humain.
Nous partons en France pour Noel chez papi et mamie. 12 heures de voiture (toute petite voiture) avec papa, mamie d’Espagne, ton cousin, Mao et une dizaine de valise. Je suis la seule à avoir le permis. Je suis fatiguée, nauséeuse, énervée et excitée en même temps! Je me pose déjà un millier de questions. Le foie gras, le saumon fumé, les huitres, je n’y ai pas droit. Je me jure de bien me rattraper l’année prochaine. On fête le nouvel an en amoureux. Je vomis à côté du stand de notre poissonnier le 31 décembre dans l’après-midi. Tu es bien installée, plus de doute.



Janvier 2013 : Je donne des cours de français et je suis épuisée. Mais j’ai du mal à dormir. La panique m’a envahi, et elle squattera jusqu’à la fin, la connasse. J’ai déjà du bide, même si je ne bouffe pas. J’ai peur de tout, peur de mal faire. Je ne sais pas être enceinte, je ne contrôle rien du tout et ça m’énerve. Tout m’énerve de toute façon. 2ème RDV chez le gynéco. Je n’aime pas les gynécos. J’en change 3 fois. En Espagne, ce n’est pas comme en France, niveau suivi. Et puis j’ai moins confiance. Tu vas bien, c’est l’essentiel. Mais on est qu’au début et je me dis que vu comme c’est parti, ça va être long. Je n’aime pas beaucoup ces émotions, ces doutes qui m’envahissent, je n’aime pas beaucoup qui je deviens, je ne me reconnais pas. Je lis une étude qui montre que « les personnes qui expriment régulièrement leur colère vivent plus longtemps". Je dois être immortelle.

Février 2013 : Je suis enceinte, et comme pour les yaourts, c’est actif à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur. On me laisse déjà la place dans le métro. Je refuse systématiquement. J’ai toujours autant la gerbe et j’ai les nerfs à fleur de peau. J’ai l’impression d’avoir quitté mon corps et de me regarder agir comme une conne, à longueur de journée. Je regarde ce ventre, qui a l’air d’appartenir à quelqu’un d’autre. Papa te parle tous les jours. Je trouve mignon et con à la fois. Il est gentil ton papa. Mais mon dieu, qu’est-ce qu’il me saoule. Il n’a pas changé, et c’est sans doute ça mon problème. Parce que sous ma peau, c’est un bouleversement. Dans ma tête, c’est une tempête. Je voudrais qu’il réalise et vite. Je voudrais le voir s’agiter comme je m’agite. Mais non, il est juste zen. Très zen. Trop zen.



Mars 2013 : J’ai moins de nausées. J’ai des envies de tomates et de Kinder Bueno. Je prends du poids rien qu’en les regardant, les Kinder Bueno, alors autant les bouffer. En plus, ce n’est pas que de la graisse. Non. Je fais de la rétention d’eau. Et il parait que l’avantage, avec la rétention d’eau, c’est qu’on perd tout à l’accouchement. (Non.) Je te sens bouger pour la 1ere fois. Deux gros coups, bien nets, sur la droite. C’est magnifiquement flippant, merveilleusement bizarre. Je comprends pas ce qu’il se passe, je pense trop, j’imagine trop, j’intellectualise trop. Ce qui devrait être si naturel est complètement absurde pour moi. Qui es-tu bébé ? Comment fais-tu, tout seul, sous l’eau, pour grandir, pour vivre ? Je suis de plus en plus grosse, et je n’aime pas mon reflet dans le miroir. Je n’ai pas l’impression de me voir, moi. Je pleure toujours autant, malgré les promesses de mieux du 2nd trimestre. Je me noie dans ma culpabilité. Je devrais aimer être enceinte, puisque je l’ai voulu si fort. Je ne suis pas normale. Tellement de femmes rêveraient d'être à ma place. J'ai honte. J'ai honte et autour de moi, c’est le vide intersidéral. Je suis seule face ce bide qui prend toute la place dans le lit et toute la place dans ma vie. Seule face à des femmes pour qui la grossesse est un moment merveilleux et qui m’étalent en pleine gueule leur épanouissement le plus total. Seule face ces vieilles dans la rue qui me touchent le ventre, sans permission. Je n’aime pas qu’on me touche le ventre, je déteste même. J’ai l’impression qu’on te vole à moi. Je crois que je suis juste jalouse de ce sourire que les gens affichent en regardant mon bide. Jalouse de ce bonheur que la vie intra-utérine représente. Moi, ça fait 4 mois que je ne souris plus vraiment, trop effrayé de ce chaos que ta présence représente.

Avril 2013: C’est le RDV pour l’écho morphologique. Je m’installe sur le lit. Papa est à côté, la pièce est sombre. Elle me fout son liquide froid et gluant sur le ventre et là on te voit. Un bébé quoi, pour de vrai. Elles sont deux à te regarder, à te mesurer, à te contrôler. Soudain, on ne voit plus que ton cœur à l’écran. Ce cœur énorme, qui bat très vite. Et le temps s’arrête. Elle fait une tête bizarre. Elle se rapproche de l’écran, fronce les sourcils, souffle. Je m’agite. Elle m’envoie chier. Je me retiens littéralement de lui vomir dessus de peur et de lui faire ensuite lécher ledit vomit. (C’est violent, mais ça te met dans l’ambiance.) Elle nous dit d’attendre et ne nous dis plus rien. Elle appelle une collègue. Je ne peux pas affronter le regard de ton père mais sa main serre la mienne. La collègue arrive. L’autre lui explique très vite qu’elle pense qu’il y a un problème avec l’artère. On te regarde encore le cœur sous tous les angles. Moi je les regarde, elles. Enfin, je comprends que tout va bien. On nous informe de la situation. Je n’écoute pas, je sais que tu vas bien. Je suis complètement à l’ouest, dans les vapes, choquée. J’entends juste cette phrase : c’est une fille. Une fille. Ma fille. Toute cette journée, je me suis répétée en boucle « ma fille, ma fille ». Je reçois une claque monumentale. Ce bonheur me tord les tripes. Je ne me sens plus femme mais louve.



Mai 2013 : L’appart ne nous convient plus, trop cher, trop peu d’espace, mal agencé. Le baromètre de mon stress m’explose en pleine gueule. Je n’arrive plus à gérer, mon ventre m’étouffe. Tu es trop là, moi pas assez. C’est toi qui contrôle mon corps tout entier. Je tente chaque jour de reprendre le dessus. Je ne veux pas me laisser faire, je n’arrive pas à accepter de me voir mise de côté. Et putain, qu’est-ce que je suis grosse. Je suis épuisée de ce corps que je n’aime pas du tout. Papa ne me souhaite pas la fête des mères et c’est le drame. Avec papa c’est très tendu. Avec tout le monde, c’est très tendu. Je me revois me dire « vivement qu’il rentre, il faut que je l’engueule ». De quoi ? De rien. Ou de tout plutôt. Parce que pour lui, tout baigne. Parce que rien ne change dans sa vie à lui. Parce qu’il ronfle tellement fort que j’ai l’impression d’avoir une équipe de rugby dans mon lit. Les cours de préparation à l’accouchement commencent. Parler dilatation à 8h du mat’, très peu pour moi. On se marre comme deux ados et on n’écoute rien. On y sera allé que 2 fois.
Fin mai, on passe 4 heures à Ikéa pour t’acheter les meubles. Je veux tout monter tout de suite, mais nos cons de proprios doivent encore vider leurs merdes de ta chambre. J’aimerais les appeler toutes les 10 minutes mais le peu de bon sens qui me reste m’en empêche. Je sens que ça ne va pas durer. Le monstre va s’échapper.

Juin 2013 : Ca y est, je ne vois plus mes pieds. C’est pas le plus emmerdant. Y a autre chose que je ne vois plus, et depuis plus longtemps... Une nuit, je te sens bouger, plus que d’habitude. Ca y est, tu as la tête en bas. Je sais qu’il reste un mois et demi, mais je te dis que si tu veux venir maintenant tu peux. Et j’ai pas honte. Et j’emmerde les connasses d’un forum qui me diront : *voix de pétasse* « un bébé, c’est 9 mois ! ».
J’en suis à 15 bouquins et 132 vidéos, je révise mieux le sujet que mes partiels à l’époque. « A l’époque ». Une expression de vieille. Oui parce qu’en plus de la dépression prépartum, je me sens vieille. Et moche. Et grosse. Je mange n’importe quoi, n’importe quand. Je compense pas, j’ai la dalle. Une dalle incroyable. Bon, ok. Je compense peut-être un peu aussi. Je prends des coups de pression, comme ça pour rien, assez régulièrement. Je fais des listes. Et des listes de listes. Mamie et ma meilleure amie débarque pour un week end. Papa se barre pour le travail et il est aussi invité à un mariage. Une pierre, deux coups. Je n’aime pas l’idée, du tout. Je suis exécrable. Grosse dispute avec mamie. Je m’étouffe dans mes larmes. Si elle, mon pilier, ne comprend pas non plus à quel point je suis au bord du gouffre, c’est foutu pour moi. Elle comprend, en fait. Le lendemain, on va se promener. Quand on revient à la maison, la porte d’entrée n’est pas fermée à clé. La fenêtre du salon est ouverte, ça sent un peu la clope. Mon salon tout entier est jaune. Jaune comme le papier cadeau dans lequel est emballé le million de cadeau. De derrière mon bar, surgissent toutes (ou presque toutes) mes copines. A ce moment, j’ai presque accouché de surprise. Il y a un gâteau, mais il est fait de couches.  Il y a du vin mais je ne peux pas en boire. Il y a de la bouffe que je n’ai pas le temps de manger tellement j’ai de cadeau à ouvrir. On appelle ça une Baby Shower, et je ne remercierais jamais assez Laura qui a tout organisé ainsi que tous ceux qui ont participé. Et puis aussi et surtout, MERCI à mes parents, du fond du cœur. Je leur dois beaucoup, je leur dois tout. Je ne manque plus de rien. TU ne manques plus de rien. Il y a plus de matos dans ta chambre que dans la réserve de Prénatal. Ou d’Autour de Bébé.



Juillet 2013 : Comment on dort avec plus de 120 cm de tour de ventre ? Comment on VIT avec plus de 120 cm de tour de ventre ? Ma chance : aucunes vergetures. J’ai sommeil, mais je deviens insomniaque du matin. Je suis debout à 5h du mat, tous les jours. Je prépare la valise pour le séjour à la mater. Papa doit partir 10 jours pour son travail, encore. C’est tellement dur d’être sans lui. On m’a dit que tu pouvais venir à tout moment, car tu es très basse. J’ai donc ordre de me reposer. Quand il rentre, je mets en place le système d’évacuation. Je veux que ça s’arrête. Je veux te rencontrer, je veux récupérer mon corps, il m’appartient bordel. Homéopathie, acupuncture, marche, danse, natation, piment, sexe, ananas, massage des tétons, ménage à quatre pattes, ballon de naissance, huile de ricin, thé au feuilles de framboisiers, pensée positive, visualisation. Je suis au paroxysme de l’aigreur et de la mauvaise humeur. Mon surnom c’est le ratel (« animal carnivore à caractère teigneux qui ne cesse de grogner »). Je déteste tout le monde, j’en veux à la terre entière. Allez tous vous faire foutre. J’ai chaud, je vis au ralenti alors que ma tête je suis en accélérée. En course contre un escargot, il me mettrait facile 10 km dans la tronche. Tout est gros sauf mes seins. J’ai mal aux jambes, j’ai de nouveau envie de vomir, j’ai des remontées acides, j’ai envie de mourir. Je suis le cliché vivant de la femme enceinte, en plus grosse, plus chiante et plus flippée. Je fête mes 27 ans dans un palace avec papa, une journée entière dans un SPA et une nuit tendre (oui « tendre » pas hot ou sexe, tu crois vraiment que je suis en état ?) dans un grand lit.



Août 2013: Les 16 jours les plus longs de toute ma vie. Mais putain de bordel de couille pas fraiche, pourquoi tu ne veux pas sortir de ce veeeentre ? Je danse comme une folle sur Tutti Frutti de Little Richard. Tes grands parents arrivent, pas toi. Tes arrières grands parents arrivent. Toujours pas toi. Papa me dit que je me mets trop la pression. Crise de larmes : « voilà, tu vois ?! Je suis une mauvaise mère, c’est ma faute. Tout est MA faute. Je suis nulle, je ne vais jamais y arriver, laissez-moi crever. » RDV chez l’autre con de gynéco. Je supplie qu’il me fasse un déclenchement : « mets moi sous perf d’ocytocine, sinon j’te fais bouffer tes dossiers ». Il refuse : « on ne donne pas naissance à la carte, il faut respecter la nature, blablabla ». Il aura quand même passé 42 semaines, sans voir ni ma culotte, ni SOUS ma culotte. Alors niveau crédibilité, on repassera. Je suis à J+1, je n’ai plus de force et les 1eres vergetures apparaissent. Si tu étais arrivée dans les temps, je n’aurais pas eu de séquelle. Re-culpabilité, encore une fois je ne pense qu’à ma gueule. Je suis sûre que je ne vais pas réussir à accoucher. Toi, tu vas bien, je suis sure que tu es énorme et que tu vas tout déchirer sur ton passage. En vrai, je commence sérieusement à t’en vouloir de me faire subir tout ça. Je trouve que j’en ai suffisamment chié comme ça et que ça serait quand même sympa que tu te bouges un peu les miches. Commence ensuite un harcèlement. Tous les jours, des messages sur Facebook, par textos, des appels et toujours la même question : « alors tu as accouché ? » Question con sérieux : « ah ben oui, oui j’ai accouché, mais j’ai décidé de pas te le dire, rien que pour t’emmerder. » Un matin, je pète littéralement un plomb. Je dis à papa : « Ok, on va aux urgences, on dit que je me suis gourée sur la date de mes dernières règles, que je suis donc trop avancée dans la grossesse et qu’il faut provoquer l’accouchement». Il me regarde dépité, et…on file à la maternité. Je mens comme un arracheur de dents au médecin de garde, qui n’en croit pas un mot mais qui, dans le doute, est obligé de me filer un RDV pour un déclenchement. On est le 15 aout. On a RDV le 17. Le 16 a 20h, je ne veux pas quitter ma mère, je sais pas pourquoi, mais je veux rester encore un peu dans ses bras. Je perds les eaux à 2h du mat. Je suis à J+7 (pour de vrai) et je me dis que tu es une sacrée coquine. ((Récit accouchement ici !)

9 mois (et demi) de… merde ! Ben oui, soyons honnête ! J’ai douté, j’ai pleuré, j’ai crié, j’ai même hurlé. J’ai chanté, j’ai supplié, j’ai lu Le petit Prince une bonne centaine de fois. J’ai caressé ce ventre presque malgré moi, j’ai espéré que mon nombril rien bien à sa place. Je t’ai aimé sans te connaître, je t’ai reconnu de t’avoir tant imaginé, je t’ai à jamais sur ma peau (putain de vergetures.)

Novembre 2013 : J’écris cet article pendant que tu dors contre moi dans l’écharpe. « Ma fille », ma  vie, mon tout. Je te renifle, je suis toujours louve mais beaucoup plus femme aussi. Je me suis trouvée grâce à toi et je repense, émue à ce mois novembre il y a un an. Tu as changé ma vie, tu as bouleversé mon quotidien, tu m'as fais jeter tous mes bouquins, tu m'as fais t'aimer en un regard, tu m'as rendu sure de moi, tu as fais de moi une maman.



Rendez-vous sur Hellocoton !
Thứ Sáu, 1 tháng 11, 2013

Comment est née Halloween?

  
COMMENT EST NÉE HALLOWEEN ?


À l’origine, une fête celtique 


 La fête celtique de Samain, dont les origines remontent à plus de 2 500 ans, est considérée comme l’ancêtre d’Halloween. Cette fête célébrait la fin de l’année et l'entrée dans la nouvelle année.
Les Celtes pensaient que, durant la nuit de Samain, les frontières entre le monde des morts et celui des vivants étaient ouvertes et que les esprits venaient rendre visite aux vivants. La fête de Samain, célébrée en Irlande et en Écosse, a progressivement été supplantée par la Toussaint introduite le 1er novembre par l'Église catholique aux environs du VIIIe siècle.

Une fête exportée aux États-Unis par les Irlandais au XIXe siècle 


Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que la fête d'Halloween devint la fête que l’on connaît aujourd’hui. À cette époque, les migrants irlandais et écossais s'installent sur le nouveau continent pour fuir la Grande famine en Irlande, et apportent avec eux leurs contes et leurs légendes.
Depuis lors, Halloween est célébrée aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Irlande, et en Grande-Bretagne. Traditionnellement, le soir d’Halloween, les enfants portent des déguisements qui font peur et sonnent aux portes de leur quartier en demandant des bonbons avec la formule : Trick or Treat ! (en Français : Farce ou friandise). Les enfants ainsi déguisés symbolisent les âmes des morts qui venaient rendre visite aux vivants durant la nuit du Samain celtique.
Le nom "Halloween" est une altération de « All Hallows Eve » qui signifie "le soir de tous les saints".
Avant la citrouille, il y avait le navet !


Aujourd’hui, le symbole d’Halloween est la citrouille, mais ça n’a pas toujours été le cas. Ce légume est une référence à la légende irlandaise de Jack à la lanterne (Jack-O'-Lantern). Selon la légende, Jack, personnage ivrogne paresseux, défie le diable. À sa mort, ni le paradis ni l’enfer ne veulent l’accueillir. Jack est condamné à errer éternellement dans l’obscurité en s'éclairant d'une bougie plantée dans un navet évidé. Jack réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween. Avec les années, le navet a progressivement été remplacé par une citrouille plus large et plus facile à sculpter.
En France, la fête d’Halloween n’apparaît qu’à la fin des années 1990, mais elle ne parvient pas à s’implanter comme outre-Atlantique, notamment parce qu'elle est jugée trop commerciale par ses détracteurs.

La Llorona at Halloween Horror Nights 2011



UN COMMENTAIRE ME FERA PLAISIR


Thứ Tư, 16 tháng 10, 2013

Récit d'accouchement à 4 mains !


Les indiens disent que toutes les grandes aventures ont commencé par un premier pas. Notre fille a décidé que le nôtre commencerais à 5H30 du matin.
« Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux.
- Moi, je crois que si tu n’as pas perdu les eaux alors on a un gros souci avec la plomberie du voisin du dessus… »
Je souhaitais une seule chose : pas tôt le matin.
Mais l’homme propose la femme dispose. Même lorsque la femme en question n’est pas encore née.

J’étais censée accoucher il y a déjà 10 jours, voire plus. J’ai tout tenté : homéopathie, acupuncture, sexe, piment, marche, ménages, ananas, SPA, bain, massage des tétons, pensée positive, voiture, escaliers. Bref, j’attendais que ça, la nuit, le jour, peu importe mais qu’elle sorte (bordel). La veille, on avait fixé le RDV pour le déclenchement le 17 aout. On est le 16 et soit je me pisse dessus soit c’est THE moment. Comme je ne suis pas sure (et que peut etre que je flippe un peu), j’attends quelques heures. A 5h30 du mat’, je réveille mon mari « Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux, pour de bon ! »



Donc direction la maternité.
Ce que les indiens ne disent pas, c’est que le chemin qui mène à la grande aventure est plus compliqué avec une femme enceinte, une valise dont le contenu te permettrais de survivre 3 ans à une attaque Zombie et un sac à dos, lourd. Très lourd.

On est à 20 minutes à pieds de la maternité, l’homme porte les valises, je porte mon ventre et on y va. On se filme, on se jauge « tu as peur ? » « tu as hâte ? » Ni l’un, ni l’autre. Je suis portée par un sentiment indescriptible. Je vais à la rencontre de notre bonheur. Il est 6h30.

En route vers la maternité !

Salle des urgences. Nous attendons.
Elle est appelée. J’attends.
Quand elle ressort c’est en chaise roulante. Cette fois c’est la bonne !
Je n’ai jamais été aussi content de voir quelqu’un en chaise roulante. C’est effrayant.
Je suis le Professeur Xavier et l’on arrive dans la chambre. Nous attendons.
L’infirmière arrive, je dois sortir de la chambre. J’attends.
La sage-femme arrive, je dois sortir. J’attends.
Et là, tout commence.


Je ne me souviens plus trop, je sais qu’un sage-femme (sage-homme ?) contrôle que c’est bien le bon moment. Il me fait mal. Je l’insulte, en français. Il ne comprend rien. Je lui souris. Ça passe. On me demande d’enfiler une blouse verte plutôt stylée et une infirmière me pose le cathéter. Elle mettra 30 bonnes minutes. Elle transpire et s’excuse mille fois. Heureusement que je ne crains pas les piqures. On m’installe sur un fauteuil roulant et nous montons dans une chambre. Je n’y reste qu’une heure. Direction la salle d’accouchement. Perf d’antibio, perf d’ocytocine car pas de contractions, et c’est parti. Il est 11h.


D’abord la joie, puis ensuite le début de la douleur.
La miss commence à s’exciter la dedans.
La sage-femme revient avec l’apprentie sage-femme, qui, vu son âge a dû être l’actrice principale de cette scène il y a à peine 20 ans.
Bien sûr, je dois sortir. J’attends.
Au départ, quand on attend on est pas seul. Il y en a d’autre comme moi. Des « attendeurs ».
Hommes et femmes.
Un cubain, un gitan, un espagnol. Le début d'une blague.
Ce que nous avons en commun à part attendre, c’est cet accoutrement qu’on nous oblige à porter. Je pourrais ressembler à un des docteurs de Grey’s Anatomy, mais je ne sais pas par quel coup du sort, je ressemble beaucoup plus au responsable du rayon frais des supermarchés Casino.
Ce léger tablier, ces recouvre chaussures, d’une épaisseur d’un micron, et bien sûr trop petit, qui ne se ferme pas et qui empêche soit disant  bactérie et virus de se propager…
Par contre rentrer avec de la bouffe du Mc Do ou avoir les cheveux gominé type casque allemand de la 2nde guerre mondiale comme mon compatriote cubain ne pose pas de problème.
C’est ou les bactéries, ou moi que l’on prend pour un con.
J’attends, mais cette fois ci avec un air de con.
J’en profite pour appeler et envoyer des messages à la famille pour les informer de la situation.
Quand je reviens, commence un mélange de gémissements et de chant prénatal.
Pour ceux qui se rappel du son de Gizmo dans les Gremlins… voilà.
A partir de ce moment-là n’en finit plus un va et vient de rentrer et sortir, rentrer et sortir.
Ce qui a commencé comme cela, finis comme cela.


Pose du monitoring interne. Je douille comme jamais. Je ré-insulte en français. Elle comprend. Elle sourit. Contractions toutes les deux minutes. Je n’ai pas suivi de cours de préparation à l’accouchement. J’ai lu des bouquins, regardé des vidéos. J’ai choisi le chant prénatal. Je chante donc. Je gémis plutôt et surtout je respire. Je suis dans une bulle. Je ne parle pas. Je ne réponds pas. Je n’écoute pas. Je laisse faire ce corps. Ce n’est pas de la douleur. C’est animal, c’est instinctif, c’est incontrôlable. Il faut lâcher prise. Il faut s’oublier. Il faut se faire confiance. On m’annonce que la péridurale va m’être posé d’ici 30mn. Ok. Il est 14h.


Et puis arrive l’œuvre de dieu. Touché par la grâce et la main divine la douleur disparaît.
Ah non, merde. C’est la péridurale.
L’exorcisme de guizmo à lieu et peu à peu  il quitte le corps de ma femme.

Je fais le dos rond, je ne bouge pas, j’attends. Je vois l’anesthésiste retirer ses gants. Et merde, il n’y arrive pas. « Qu’est-ce qui se passe ?  IL y a un problème ? » je lui demande. Non, c’est fait. Je savais que je ne craignais pas les piqures mais pas à ce point ! Je n’ai rien senti, mais vraiment rien. Elle est peu dosé, je sens encore beaucoup les contractions mais ça me va. Soudain, une grosse contraction. Elle ne s’arrête pas. J’ai mal. Ça dure 1 heure. Guizmo revient.  La sage-femme me rappelle que je ne suis pas en virée shopping mais que je donne la vie. « Je ne lui ai rien demandé, qu’elle ferme sa gueule et vite sinon je lui crache au visage et je me casse » : voilà à peu près ce que j’ai pensé à ce moment-là. Il est 16h30.


Sur l’une des sorties de salle je me rends compte que la femme du cubain est amené d’urgence en salle d’opération. Très très peu de temps après, il apprend que la césarienne s’est bien passée et que c’est une fille.
Je ne pensais pas qu’une césarienne durait aussi peu de temps.
Même avec un katana je n’aurais pas été aussi rapide.
La sage-femme vient me voir. Elle me dit que tout va bien et que d’ici peu ce sera le grand moment.
Je reviens dans la chambre et l’on va nous expliquer comment effectuer les poussé avec le moniteur.

En vrai, cette petite phrase m’a beaucoup aidé. Je réalise que j’ai envie de pousser. « Ben, pousse ! » Et nous voilà, mon homme, le monito et moi, seuls tous les 3 à pousser. C’était intime, c’était notre moment. Il m’a donné toute sa force, tout son courage, tout son amour. C’est grâce à lui que je garde de mon accouchement un souvenir si intense et si précieux. Il est 18h30.


C’est alors que la sage-femme arrive et comme si de rien n’était me dit :
« Viens voir, on voit les cheveux. »
Je regarde et la BORDEL DE MERDE, je ne vois pas les cheveux, je peux voir CHAQUE cheveu !
Je pourrais toucher son crâne sans soucis. Moi je considère cela comme dehors !
Oui elle est bien là.
Les poussées sont faciles, surtout pour le papa.
Il m’a suffi d’hurler « Pousse !» à ma femme à chaque fois que le moniteur arrive à 35, 40 je crois.
Alors ON pousse.
Parce que moi, depuis que j’ai vu sa touffasse noire je suis ultra motivé à pousser.
C’est ma première vrai rencontre avec ma fille.
Plus de parois, plus d’image d’écho qui ressemble plus à un sonar d’un sous-marin russe de la guerre du pacifique.
Et on n’arrête pas de pousser. On pousse même très bien d’après ce que nous disent la sage-femme et la sage-adolescente.

La sage-femme me dit que c’est imminent, je suis à dilatation complète. Je sais qu’elle est brune. Je sais qu’elle est bien là. Je veux la voir et l’avoir. Allez les gars, écartez-vous, moi j’accouche ! Il est 18h40.


Je ressors à nouveau de la salle et me prépare pour 20 min d’attente comme à chaque fois.
Et là au bout de 5 min on m’appelle plutôt urgemment.
Quand j’arrive dans la salle il y a beaucoup de monde, et ça pousse dur.
La tête est à moitié sortie.
Et à ce moment-là, on a beau savoir comment ça marche, avoir vu des tonnes de vidéos sur le sujet…
Il n’y a rien de tel comme vision que de voir une moitié de soi sortir de sa moitié…
Hallucinant.
La petite résiste et d’un coup, comme une botte qu’on galère à enlever, elle sort, limite éjectée.
Grande, magnifique, les yeux grands ouverts.
Pas un cri.
Pas un cri mais le visage tellement serein que je sais que tout va bien.
Ma femme panique, parce que la petite n’a pas émis le moindre son.
Je lui dis : « t'en fait pas tout va bien, elle est parfaite ! »
Et là, il m’est impossible de la lâcher du regard.
Quelle merveille.

J’entends « Attrape ta fille ! » et je le fais. Je vois à peine son visage , je la pose sur moi pour 5mn de peau à peau. Elle ne pleure pas, je pleure pour elle. Le regard qu’on échange lui et moi est juste incroyable. Ce que l’on vit EST incroyable. On me la prend, pour quelques soins. Je l’observe à travers les yeux de son père. Elle me manque. Tout se bouscule. Il y a quelque chose qui se passe dans mon corps, dans mon cœur, dans ma tête. C’est un bouleversement, c’est le monde que je regarde. Mon monde. Je n’ai plus de doutes, plus de questions. Je la veux contre moi, je veux me perdre dans son visage, je veux la sentir, j’ai besoin de la sentir. Il est 18h50 et notre fille fait de nous des parents.

Elle pèse 3kg950 et mesure 52cm.

Je prends une tonne de photos. La sage-femme m’engueule : « Prend pas autant de photo, regarde-la plutôt ! »
Connasse, si je prends des photos,  c’est justement parce que je ne peux pas la regarder avec les yeux plein de larmes, ça lui tombe sur la gueule !
Elle est splendide. Et pas parce que c’est ma fille. Mais parce qu’il faut être honnête !
Je lui donne mon doigt et elle le saisit.
C’est ce qu’on appelle toucher du bout du doigt son rêve. Je viens de comprendre l’expression.
On nous laisse seuls avec elle. Première tétée.
Comme ma femme, c’est une championne. Elle pète la dalle. Et à partir de ce moment-là tout s’enchaine.

Enfin, je l’ai contre moi. On me dit « nourris la ». Elle vient chercher le sein, je la fixe. 1ere gorgée  de lait, elle lève ses sourcils de satisfaction et plonge ses yeux dans les miens. Je suis maman. Ma vie pour la sienne. Il est 19h15.

Dans la salle d'accouchement


La galère pour expliquer son prénom et surtout la paperasse pour le nom de famille.
La première fois qu’on nous sépare d’elle.
La première nuit où l’on apprend rapidement que quand elle pleure c’est d’abord parce qu’elle a faim. Sinon c’est parce qu’elle a fait caca. Sinon c’est parce qu’elle a des gaz. Sinon c’est parce qu’elle préfère être emmailloter.
Et sinon c’est parce que le temps de vérifier tout ça, elle a de nouveau faim, elle a de nouveau fait caca etc…
La meilleure pire nuit de ma vie.
Inoubliable.

Elle est restée collée contre moi pendant des heures. Mon papa et ma maman découvrent leur petite fille. Mes grands-parents, leur arrière-petite-fille. Je les regarde la contempler. Je les regarde l’aimer. Elle est douce, calme et sereine. La chambre 1301 de la maternité de La Paz de Madrid se souviendra de tout cet amour. Il est 22h quand ils nous laissent tous les 3. Je retombe amoureuse de mon mari, j’aime ma fille un peu plus chaque seconde. Il n’y a rien de plus important qu’eux, quoi que les gens disent, c’est faux. Tout le reste est secondaire.

La vue de notre chambre à la maternité ! Ça en jette, hein?!


2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir une maman comme ça.
Finalement c’est quand même moi, le papa, qui ai le plus de chance !
Spectateur, puis spectateur actif, puis acteur.
Sans souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise messieurs, on a quand même le bon rôle !

2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir un papa comme ça.
Finalement c’est quand même moi, la maman, qui ai le plus de chance !
Spectatrice, puis spectatrice active, puis actrice.
Avec (un peu de) souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise mesdames, c’est nous qui avons le meilleur rôle !

2 mois, jour pour jour !

Rendez-vous sur Hellocoton !
Thứ Hai, 14 tháng 10, 2013

A quoi ressemblent mes lundis? (et mes mardis, mes mercredis, ect...)


L’ordi est allumé depuis déjà 35 minutes, nous sommes debout depuis 9h et (quasi) réveillée depuis 4h50. Que s’est-il passé depuis tout ce temps ? Louloute a mangé, je l’ai lavé et habillé, j’ai chanté, j’ai négocié. Elle a vomi, je l’ai changé, elle a vomi, je l’ai essuyé. Elle s’est endormie une minute, j’ai espéré, elle a perdu sa tétine, elle a pleuré. On a marché du salon à la cuisine, et de la cuisine à la chambre. Il est 10h28, le papa n’est plus là, je ne suis pas ni lavée, ni habillée.  Et j’ai faim. C’est une bonne journée qui s’annonce.

10h50 : 1er essai sieste. J’ai toujours faim, mais entre manger ou dormir, mon choix est fait ! On s’allonge, elle dort. Je retire mon pull, elle dort. Je me couvre, elle se réveille. Ok.

11h : Elle n’a plus sommeil, elle a la pèche ! Direction le tapis d’éveil et vas-y que j’te souris et que je gazouille ! Bref, elle s’éclate. Moi aussi !

11h20 : Son grand sourire se transforme en grimace, et la voilà qui pleure. Bon, maintenant je sais, ça veut dire que ça la fatigue et qu’il faut faire autre chose. Tiens, et si on graillait ?!

11h25 : Ah non. Finalement, j’aimerais bien que tu marches.

11h30 : Remontre un peu ton sein voir.

12h : Elle s’est endormit en tétant, j’ai toujours la dalle mais j’ai encore plus envie besoin de dormir. Direction le canap’, on s'allonge tel quel, je retiens mon souffle, ferme mes yeux et...

13h55 : ...le téléphone sonne. C'est le papa qui veut des news. "Ça va". Merde elle se réveille. Il a froid. Je m'en fous. Il a sommeil. Je m'en fous. Et voilà elle pleure. 

14h33 : c'est vrai qu'il fait froid. Je branche le chauffage et glisse bébé(e) dans sa gigoteuse. Je fonds devant ce petit "sac" d'amour. Elle, elle fond...en larmes. Pourquoi? Tu as trop chaud? Je lui enlève. Elle pleure encore plus. Tu as faim? Non. Ce qu'elle veut, c'est mes bras. Ce qu'elle veut, c'est voir du pays. Je marche, donc. Jusqu'au frigo. Je choppe un paquet de parmesan râpé que je mange à même le sachet à la petite cuillère. Je m’approche en fourbe du transat et pendant qu’elle regarde ailleurs, je le tente. « Même pas en rêve, maman ! » Ok. Je suis pro-portage non ? Alors hop dans l’écharpe. J’ai presque plus faim et je suis presque en forme. Non, je déconne.

15h33 : 1 heure plus tard, rien n’a changé. Elle commence à sombrer. Moi aussi, mais pas dans le sommeil, dans une grave déprime !

15h45 : Elle ronfle. Je l’allonge, elle ouvre direct les yeux, elle pleure.

16h : Voir commentaire 15h45.

16h30 : Voir commentaire 16h.

17h : L’avantage c’est qu’au moins, je brule des calories.

17h10 : Dans sa grande bonté, elle me laisse m’assoir. Mais pas me pencher. Donc pas d’ordi. Ah et le téléphone elle aime moyen. Non. Madame veut que je lui parle. Je lui dis que Lou ça rime pas mal avec re-lou. Elle sourit la bougresse. Refais voir ton décolleté là.

17h40 : Bon il faut que je m’alimente moi aussi, je vois les étoiles. Je passe commande par téléphone.

18h15 : Ca sent bon, c’est chaud, c’est prêt, c’est à portée de fourchette…mais elle a re-faim.

19h50 : Elle a mangé, moi aussi. Elle a dormi, pas moi. Elle est calme, fraiche et dispo. C’est l’heure du bain. « Les petits poissoooons dans l’eauuuuu, naaaaage aussiiii bien que les groooos… » Ma petite sirène et moi, on profite de ce moment d’accalmie et de partage. Massage, crémage, câlinage, elle est relax. Et là dans un monde parfait, je m’imagine bien la poser à côté de moi sur sa peau d’agneau, la laissant s’endormir doucement, pouvant ainsi écrire ce billet tranquillement. Mais mon monde n’est pas parfait.

20h30 : Je ressors l’écharpe, que je n’avais pas vraiment rangée. Elle a ses yeux grands ouverts. Je lui parle, je lui raconte des histoires, je lui dis que je suis vraiment épuisée, que j’aimerais m’assoir, même juste 20mn. Elle me regarde, l’air désolé.

21h : Si je m’arrête de marcher, elle pleure. Si je m’arrête de parler, elle pleure. Si je m’assieds, elle pleure. Si je la pose, seule, elle hurle.  Elle frotte sa tête contre ma poitrine et fais tomber sa sucette 10, 15 fois. J’ai mal au dos, au ventre, à la tête. Je tente une tétée-câlin, ça ne fonctionne pas. Ce qu’elle veut, c’est moi et moi entièrement. Que je sois tout à elle, à la regarder, à l’embrasser, à la caresser, à lui parler. Je le comprends, mais j’ai de plus en plus de mal à gérer. Il est hors de question que je la laisse pleurer, je ne le tolère pas, pas si jeune, pas quand il s’agit de ce besoin fondamental d’être rassuré et aimé. Je supporte, je respire, je ferme les yeux. C’est ma fille, mon bébé, mon monde.

22h : Je la supplie, limite en larmes, de me laisser me reposer, de me laisser m’asseoir. Je lui explique que je l’aime, que je sais comme ça doit être difficile pour elle de comprendre ses émotions, de les gérer, de grandir, d’être seule, hors de moi. Elle me fixe, boit mes paroles.  J’appelle le papa, qui finit tard les lundis et mercredis. « Il faut que tu rentres, je craque ». Et je pleure, en la serrant contre ma poitrine. Elle finit par s’endormir.

23h13 : Je viens de la poser, elle ne dort plus, mais elle ne pleure plus non plus. Elle sourit. Si elle savait, elle rirait ! Elle ouvre grand la bouche, sa petite langue dehors. Elle ne me lâche pas du regard. J’ai comme l’impression qu’elle m’a écouté, qu’elle m’a entendu. C’est difficile de ne pas culpabiliser, difficile ne pas s’en vouloir. Il faut admettre que nous ne sommes pas des super héros. Que nous avons des limites. Limites qui viennent parfois heurter de plein fouet nos idéaux, nos convictions, nos désirs. Certains me diront « mais laisse la pleurer » : non. « Fais la garder » : non. « Alors te plains pas »  

Toutes nos journées ne ressemblent pas à celle-là, elles ne sont pas si dures. Certaines seront pires. Je resterais là pour elle, à l’écouter, à composer selon ses besoins, le temps qu’il faudra. Et quand elle sera ado, je lui ferais payer ! 



Thứ Tư, 9 tháng 10, 2013

Top 5 #2

5 moments galères : 

 

- le portable qui tombe dans la poubelle à couches, la seule et unique fois où la dernière couche n'a pas été hermétiquement bien fermée.

- l’éternuement gerbouzé; en facetime. Des détails?

- le gros pipi, quand tu l'as nue contre toi, juste avant le bain. Et que toi, ben t'es pas nue quoi. Et que t'es seule. Et qu'il va falloir lui donner le bain, la sécher, l'habiller avant d'espérer pouvoir te laver changer.

- elle s'est (enfin) endormie, tu attends sagement 10, 15 voire 20 minute avant d'oser la poser et la, tu sais pas pourquoi vu que tu fumes plus depuis un an, te mets à tousser fort et bruyamment. Et plus tu essaies de te retenir, plus tu étouffes, plus tu tousses. Il est 21h40, tu n'es pas ni alimenter, ni laver, ni détendue. Mais tu l'aime !

- la couche qui déborde, au milieu de la nuit, et que tu vas changer. Quand tu réussis à refermer cette *$@#&^¤ (putain) de grenouillère de *$@#&^¤ (merde), elle s'arrête enfin de hurler pour mieux te vomir une quantité incroyable de fromage Féta  fantastiquement bien réparti entre tes cheveux et sa *$@#&^¤ (putain)de grenouillère de *$@#&^¤ (merde). Il est 5h du mat', l'Homme ronfle tranquilou. Tu le hais et tu hésites entre le réveiller de la manière la plus sadique qu'il soit (un million d'idée de traverse l'esprit), te mettre à hurler aussi fort que ta fille (qui, maintenant qu'elle a le ventre vide, a la dalle) ou te jurer qu'elle sera fille unique. Ou les trois. Mais tu l'aimes hein?!

Au moins, ça la fait marrer.

Thứ Hai, 7 tháng 10, 2013

I am une maman ! raconte

 I am une maman ! blablate, bavarde, te raconte et se la raconte !

Le maternage, tu connais? C'est le nom donné aux pratiques dont sont adeptes certains parents, comme l'allaitement, le cododo, le portage, l'éducation non violente, ou encore la diversification menée par l'enfant (DME). 

Il y a peu, j'ai lancé le débat sur le célèbre forum Au Féminin, histoire de connaitre l'opinion de la ménagère de moins de 50 ans. Les avis sont mitigés, nuancés ou très arrêtés, favorable ou totalement contre . En voici un extrait, cuisiné à ma sauce, à manger au second degrés car parfois exagérés! Certaines parlent de mode, d'autres y voient le désir de sentir différente et donc mise en valeur. Elles montrent du doigt le besoin d'être une mère parfaite ou la peur de voir grandir son bébé trop vite, bébé que l'on va donc materner le plus possible, dans l'espoir qu'il tète encore à 20 piges. Elles mettent en garde notre condition féminine, en pensant que faire toutes ces choses aliènent la femme, la réduisant à son unique rôle de mère, la poussant à agir à l’extrême en ne se consacrant qu'à son enfant puisqu'elle s'ennuie, laissant donc de côté le malheureux papa, qui lui ne trouve pas, dans cette relation fusionnelle et malsaine, son rôle de père. (Attends, je reprend ma souffle) Il y en a qui pense qu'il faut vivre dans une yourte, bouffer des légumes bio, se faire des couvertures en poils d'aisselles et recycler les peaux de mandarines pour adhérer à ce genre de pratique ! En plus dormir avec son enfant c'est dangereux,  le porter c'est retarder son autonomie et l'allaiter c'est chiant. Et y a celles qui ne mettent que des smileys moqueurs, et ça, ça veut tout dire !

Il y a aussi celles qui se sentent tout simplement mère, qui n'aiment pas donner un autre nom que celui de "maman" à la manière dont elles s'occupent de leurs enfants et qui composent en fonction du caractère de chacun et de la vie en général. Celles qui approuvent à fond et qui donnent pleins de bonnes raison de materner. 

Et puis il y a moi, parce qu'il faut bien que je donne mon avis. Moi qui porte, moi qui allaite, moi qui cododote, moi qui m'imagine en mère communicante et attentive. Et moi qui ne savait rien de ce retour aux sources qu'est finalement le maternage. Retour à ce que nous avons pourtant toujours fait, sans se dire que c'était trop cool, parce que de toute façon nous n'avions pas bien le choix !

Moi j'ai d'abord été enceinte, et tu le sais déjà, je n'ai pas trouvé ça chouette, du tout. J'ai eu peur pendant 9 mois, de tout. Pour elle, pour moi, pour mon couple. Je passais mes journées à me regarder le nombril grossir (et devenir un troisième téton), me posant 1000 et 1 questions sur la manière dont j'allais m'en sortir. Quelle mère serais-je? C'est quoi d'ailleurs "être mère"? Faut faire quoi? Faut aimer comment? Comment on s'occupe d'un bébé? Des tas de questions chiantes. Et tu sais quoi, je n'ai toujours pas les réponses! 
J'ai acheté poussette, biberon, tétines, berceau, lit, transat, la totale Chantal (oui madame, j'ai osé...poils au nez). Et je ne regrette pas du tout d'avoir toutes ces choses...dont je ne me sers pas! 

J'ai tout de suite fait en fonction de ma fille, des ses besoins, de ses attentes et de ce que je pouvais (ou non) lui offrir. Et en grande fainéante que je suis, j'ai aussi recherché la simplicité. Je trouve que c'est plus simple d'allaiter, plus simple de dormir ensemble, plus simple de la porter que de me trimballer une poussette énorme impliable, inouvrable, de 200 kg dans le métro de Madrid. Il y a autre chose que je ne dit pas mais qui me semble évident : j'aime ça. ON aime ça ! Et ON va bien, merci ! On réinvente notre couple, accordant à notre la place qu'elle doit avoir dans notre vie, ni plus, ni moins. Je trouve ça beau de voir ma fille dormir en grenouille,  un bras sur le torse de son père, la bouche ouverte, comme lui. Je trouve ça doux de la sentir respirer tout contre moi. Je trouve ça sexy de voir mon mari porter Louloute dans ses bras ou dans l'écharpe. Je trouve ça rassurant de la savoir contre moi pendant que je m'active ou me promène.

Le maternage prend des dizaines de formes, et il s'agit avant tout d'amour. Il est dit que le maternage est l'art d'être mère. Elle n'est pas moins mère celle qui donne le biberon plutôt que le sein. Elle n'est pas moins mère celle pousse que celle qui porte. Elle n'est pas moins mère celle qui craque face à un enfant qui cherche ses limites. Le reste, pour moi, n'est qu'une question d'idéologie, de conviction et de désir. J'aimerais être une mère douce et calme, qui explique en parlant plutôt qu'en criant, c'est mon idéal. J'ai la conviction que mon lait est meilleur pour mon enfant que le lait de vache. Je suis convaincue que le portage, "l'attachement sécure" est bénéfique et contribue, paradoxalement, à l'autonomie de l'enfant. J'aime aimer ma fille et j'aime l'aimer de cette manière. 


Pour aller plus loin :

Michel Odent - Le bébé est un mammifère
John Bowlbi - Attachement et perte
Baby-Led Weaning : The essential guide to introducing solid foods
www.diversificationalimentaire.com

Pour en discuter et échanger avec des internautes super sympa et toujours à l'écoute, le groupe Facebook de Stéphanie Morganlolajordan : Maternage Proximal





.

Custom Post Signature

Custom Post  Signature